Bernard PRUNNEAUX
« Jésus leur proposa une autre parabole, et il dit : Le royaume des cieux est semblable à un homme qui a semé une bonne semence dans son champ. Mais, pendant que les gens dormaient, son ennemi vint, sema de l'ivraie parmi le blé, et s'en alla. Lorsque l'herbe eut poussé et donné du fruit, l'ivraie parut aussi. Les serviteurs du maître de la maison vinrent lui dire : Seigneur, n'as-tu pas semé une bonne semence dans ton champ ? D'où vient donc qu'il y a de l'ivraie ? Il leur répondit : C'est un ennemi qui a fait cela. Et les serviteurs lui dirent : Veux-tu que nous allions l'arracher ? Non, dit-il, de peur qu'en arrachant l'ivraie, vous ne déraciniez en même temps le blé. Laissez croître ensemble l'un et l'autre jusqu'à la moisson, et, à l'époque de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Arrachez d'abord l'ivraie, et liez-la en gerbes pour la brûler, mais amassez le blé dans mon grenier. (...)
« Ses disciples s'approchèrent de lui, et dirent : Explique-nous la parabole de l'ivraie du champ. Il répondit : Celui qui sème la bonne semence, c'est le Fils de l'homme ; le champ, c'est le monde ; la bonne semence, ce sont les fils du royaume ; l'ivraie, ce sont les fils du malin ; l'ennemi qui l'a semée, c'est le diable ; la moisson, c'est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges. Or, comme on arrache l'ivraie et qu'on la jette au feu, il en sera de même à la fin du monde. Le Fils de l'homme enverra ses anges, qui arracheront de son royaume tous les scandales et ceux qui commettent l'iniquité : et ils les jetteront dans la fournaise ardente, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. »
Matthieu 13.24-30, 36-43
« Je dirai tes oeuvres puissantes, Seigneur
Eternel ! Je rappellerai ta justice, la tienne seule. »
Psaume 71:16
« Dans l'église Sainte-Christine, un prêtre vit depuis longtemps dans un grand tourment à propos de la présence réelle du Christ dans l'hostie. Une fois de plus, ce jour-là, il accomplit les gestes rituels et prononce les phrases avec respect, se demandant "est-ce vraiment Jésus qui est là ?" Après le Notre Père, il accomplit la fraction du pain en deux. Mais voici que sur la patène, l'hostie se transforme en chair vivante, dont le sang coule goutte à goutte. Seule la partie qu'il tient entre ses doigts conserve l'apparence du pain. Le sang envahit le linge d'autel et se répand partout. Saisi d'une émotion indicible, le célébrant affolé voudrait arrêter cette effusion et la dissimuler aux fidèles, mais en vain. Il enveloppe alors dans le corporal l'hostie incarnée, et dépose en hâte ce linge dans la sacristie.
« Le pape Urbain IV se trouve justement en déplacement dans la ville voisine, Orvieto. Informé des faits, il délègue sur place deux théologiens hautement qualifiés, puisqu'il s'agit des futurs saints Thomas d'Aquin et Bonaventure.
« Leur rapport est concluant, et le pape à son tour reconnaît l'authenticité du miracle. Il ordonne le transfert à Orvieto de l'hostie et du linge d'autel ensanglanté. En tête de la procession d'accueil, il reçoit à genoux les preuves tangibles du miracle et les fait entrer dans l'église. »
Le récit merveilleux de ce miracle eucharistique n'est pas extrait d'un livre de chroniques du Moyen-Âge, mais a été trouvé dans un cahier hors série édité par l'hebdomadaire catholique "Famille chrétienne" (Miracles et apparitions, p.34, collection Les cahiers d'EDIFA, n°1, 1997). Cette publication traite des très nombreux phénomènes surnaturels liés à l'histoire de l'Église de Rome : extases, lévitations, stigmates, crucifix miraculeux, statues qui pleurent, etc. Une large part a été faite aussi aux apparitions mariales et à tous les messages et prodiges qui s'y rattachent.
Il est certain que ces manifestations surnaturelles occupent une place importante dans la foi catholique et ont servi bien souvent à conforter le Magistère romain dans ses grandes orientations doctrinales. Le récit du miracle eucharistique que nous avons rapporté ci-dessus nous en fournit un exemple parfait.
En effet, ce prodige qui a eu lieu en 1263, quelques années après la proclamation du dogme de la transsubstantiation1 (1215) apparaît alors comme une éclatante confirmation divine de cette nouvelle croyance. La présence, à proximité des lieux du miracle, des éminents théologiens Thomas d'Aquin et Bonaventure, ainsi que celle du pape Urbain IV, ont été reconnues aussi comme providentielles. Dès lors, tout concordait : Rome avait proclamé un dogme de foi et Dieu l'approuvait en répondant par un signe miraculeux.
Au XIX° siècle, semblable confirmation devait se retrouver à propos du dogme de "l'Immaculée Conception"2 que Rome avait proclamé en 1854 : quatre ans plus tard, l'apparition de la Vierge à Lourdes se désignait elle-même comme cette "Immaculée Conception".
Lorsqu'on est amené à réfléchir sur l'authenticité de ces deux faits miraculeux, deux interprétations se présentent à nous :
Ici, le bon sens et l'honnêteté intellectuelle nous amènent encore à nous poser cette question : comment expliquer que la croyance en ces dogmes et les pratiques cultuelles qui s'y rattachent ne se retrouvent pas dans l'Église des premiers siècles et dans les écrits du Nouveau Testament ?
Le même besoin de discernement s'avère nécessaire pour les autres types de miracles. Par exemple, si l'on cherche à examiner de près les phénomènes de lévitations ou de stigmates expérimentés par beaucoup de "saints" catholiques, on ne peut éviter de remarquer plusieurs points troublants :
Quant aux miracles attachés aux objets de culte (crucifix qui saignent, statues de la Vierge qui pleurent ou sourient), on ne peut qu'être soupçonneux, sachant que Dieu a sévèrement interdit l'usage des images et de leur culte. Il semble à ce sujet que les conducteurs de l'Église Catholique n'aient pas la conscience tranquille, puisqu'ils ont retiré du décalogue le commandement sur l'interdiction des images (voir le Catéchisme de l'Église Catholique, édition 1992, p.440).
Il est certain que l'on ne peut nier la réalité de beaucoup de ces faits surnaturels liés aux croyances et aux pratiques de l'Église Catholique. Mais en reconnaître l'existence ne signifie pas pour autant en accepter l'authenticité. Ni le nombre, ni l'importance des prodiges accomplis ne nous dispensent de chercher à les comprendre, à en discerner l'origine.
D'autant plus que les Écritures nous avertissent solennellement que la fin des temps sera marquée par un déploiement extraordinaire de la puissance séductrice de Satan et de ses anges. Le Seigneur Jésus lui-même, dans son discours sur les derniers temps, a déclaré :
« Car il s'élèvera de faux christs et de faux prophètes ; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s'il était possible, même les élus. Voici, je vous l'ai annoncé d'avance » (Matthieu 24:24-25).
L'apôtre Paul, de son côté, annonce
« toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l'iniquité pour ceux qui périssent parce qu'ils n'ont pas reçu l'amour de la vérité pour être sauvés. » (2 Thessaloniciens 2:9b-10).
Paul va même jusqu'à nous avertir que
« Satan lui-même se déguise en ange de lumière. Il n'est donc pas étrange que ses ministres aussi se déguisent en ministres de justice » (2 Corinthiens 11:14-15).
Si le danger de séduction spirituelle est si grand, de quel antidote disposons-nous pour ne pas risquer l'empoisonnement ?
Pour les catholiques conscients de ce danger, il n'y a qu'un seul remède fiable : s'en remettre à l'autorité du Magistère de leur Église. Voici comment les auteurs du dossier "Miracles et apparitions", cité ci-dessus, répondent à cette question du discernement :
« Le "doigt de Dieu" nous impressionne toujours et nous avons
légitimement peur, ou de ne pas être du bon côté, ou que le père du mensonge vienne y
mêler quelques supercheries et quelques confusions.
« C'est pourquoi nous avons tant besoin du service de l'Église et de sa
hiérarchie. Celle-ci peut nous paraître lourde, lente, peu inspirée ; mais sommes-nous
suffisamment conscients de notre chance ? Être appelés à l'obéissance par notre
Mère l'Église à travers ses pasteurs, les évêques unis au Pape, demeure la meilleure
des garanties. » (Editorial, p.2).
On ne peut être plus clair : il suffit de faire confiance aux conducteurs de l'Église de Rome pour rester dans la vérité. Ce principe d'obéissance inconditionnelle aux autorités ecclésiastiques a toujours été et demeure le grand recours dans l'Église Catholique, argument d'autant plus fort et efficace qu'il repose sur des fondements bibliques incontestables :
« Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte ; qu'il en soit ainsi, afin qu'ils le fassent avec joie, et non en gémissant, ce qui ne vous serait d'aucun avantage. » (Hébreux 13:17).
Cependant, Dieu n'exige pas de nous l'obéissance aveugle à des conducteurs humains. Il désire avant tout que nous marchions dans la soumission, volontaire et réfléchie, à sa Parole. Le livre des Actes nous donne, avec les Juifs de Bérée (Macédoine), un bon exemple de l'attitude que nous devrions toujours adopter dans notre recherche de la vérité :
« Ces Juifs (de Bérée) avaient des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique ; ils reçurent la parole avec beaucoup d'empressement, et ils examinaient chaque jour les Ecritures, pour voir si ce qu'on leur disait était exact. » (Actes 17:11).
Face aux faits miraculeux et dans notre besoin de discernement, deux parcours s'offrent donc à nous, que nous pourrions représenter d'une manière schématique comme suit :
|
|
Attitude |
Conséquence |
|---|---|---|
|
Foi catholique |
Obéissance impérative et confiance aveugle aux conducteurs spirituels. |
Acceptation des faits miraculeux reconnus comme vrais par le Magistère infaillible de Rome. |
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Foi biblique |
Soumission volontaire et réfléchie à la Parole de Dieu. |
Reconnaissance des faits miraculeux basée sur la seule norme divine de sa parole. |
Remarquons, au passage, que le principe de l'obéissance aux conducteurs spirituels n'est pas absent dans les églises fondées sur le roc de la Parole de Dieu. Et dans ces assemblées, l'autorité des bergers est d'autant plus reconnue et respectée qu'elle se soumet elle-même aux commandements divins.
De la même manière, on doit remarquer que la référence à la Bible n'est pas exclue dans l'Église Catholique. Mais celle-ci est contrôlée par l'autorité ecclésiastique qui ajoute ou retranche selon ses besoins à la Parole divine pour justifier ses définitions doctrinales et ses pratiques cultuelles (cf. entre autres les deux dogmes de la transsubstantiation et de "l'Immaculée Conception" évoqués ci-dessus).
« Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui qui m'aime ; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père, je l'aimerai, et je me ferai connaître à lui ». (Jean 14:21)
« Lorsque, par son magistère suprême, l'Église propose quelque chose à croire comme étant révélé par Dieu et comme enseignement du Christ, il faut adhérer dans l'obéissance de la foi à de telles définitions. Cette infaillibilité s'étend aussi loin que le dépôt lui-même de la Révélation divine » (Catéchisme de l'Église Catholique, Edition 1992, art. n°891).
Nous montrons ci-dessous comment, à partir d'une question fondamentale de foi posée par un fidèle, les responsables de l'Église Catholique répondent habituellement :
Est-il juste de prier la Vierge et de croire en son rôle médiateur dans l'Église ?
Oui, les nombreuses apparitions mariales, à travers l'histoire de l'Église, sont la preuve que la Vierge agit bien en faveur des chrétiens et, par conséquent, ceux-ci peuvent rechercher son intercession.
Les miracles attribués à la Vierge sont-ils vraiment dignes de foi ?
Oui, parce que le Magistère de l'Église Catholique en garantit l'authenticité, du moins dans le cas des apparitions reconnues par Rome.
Peut-on adhérer, sans risque d'erreur, à tout ce que le Magistère donne à croire ?
Oui, parce que le pape et les évêques sont les héritiers de Pierre et des apôtres, par la volonté de Jésus.
Si nous reprenons maintenant la même question de départ, voici les réponses que donneraient les croyants fondés sur la Parole de Dieu :
Est-il juste de prier la Vierge et de croire en son rôle médiateur dans l'Église ?
Non, parce que la Bible ne parle pas de cela et interdit le type de pratiques cultuelles qui s'y rattachent (utilisation de statues et prières adressées à des morts).
Les miracles attribués à la Vierge ne seraient donc pas authentiques ? Pourtant, les nombreuses guérisons ne rappellent-elles pas la compassion de Dieu et du Christ envers les hommes qui souffrent et les promesses de miracles qui devaient s'accomplir dans le nom de Jésus ?
Jésus et les apôtres nous ont mis en garde contre les signes et les faux miracles accomplis en son nom. Ces avertissements sont pour nous un témoignage de l'amour de Dieu qui désire nous écarter du danger de la séduction dans lequel sont tombés Adam et Eve et, plus tard, le peuple d'Israël.
Le Magistère pourrait donc se tromper ? Pourtant le pape et les évêques sont bien les héritiers directs des apôtres : c'est Jésus lui-même qui l'a déclaré.
Les définitions doctrinales et les croyances imposées par Rome à ses fidèles sont des ajouts purs et simples aux paroles de Jésus et des apôtres que l'on peut trouver dans le Nouveau Testament. Par la volonté de Dieu, les Ecrits inspirés de la Bible sont le seul fondement sur lequel peut s'établir notre foi et la vie de l'Église. La fameuse succession apostolique dont se réclament les conducteurs romains repose sur une interprétation orientée et forcée de quelques versets bibliques (Matthieu 16:18-19).
Est-ce en se réclamant de la succession de Pierre que les conducteurs de l'Église Catholique pourront justifier leurs fausses doctrines ?
Les pharisiens eux-mêmes se réclamaient du nom d'Abraham et de l'Alliance que Dieu avait scellée par serment avec lui. Et pourtant, lorsque Jean-Baptiste les a vu venir vers lui pour demander le baptême, il les a interpellés violemment en ces termes :
« Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir ? Produisez donc du fruit digne de la repentance, et ne prétendez pas dire en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père ! » (Matthieu 3:7-9)
Et Jésus lui-même a fait cette réprimande aux pharisiens et aux scribes :
« Pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu au profit de votre tradition ? » (Matthieu 15:3)
Aujourd'hui, on peut faire exactement les mêmes reproches au pape et aux évêques : comment osent-ils se réclamer de Pierre et de l'Evangile, eux qui désobéissent aux commandements de Dieu pour suivre leurs propres traditions ?
« La foi vient de ce qu'on entend, et ce qu'on
entend vient de la parole de Dieu »
Romains 10:17
La Bible est non seulement un guide infaillible quant à la justification et à la sanctification personnelles, mais aussi une source d'instructions très nette pour l'Église. L'apôtre Paul l'a souligné en ces termes :
« Toute Ecriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l'homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œvre » (2 Timothée 3:16).
C'est dans cette attitude d'entière soumission à l'autorité objective de la parole de Dieu que nous voulons à présent nous placer pour essayer de comprendre les miracles et apparitions qui se sont produits au sein de l'Église Catholique.
« Sanctifie-les par ta vérité : ta parole
est la vérité. »
Jean 17:17
« Tel fut, à Cana en Galilée, le premier miracle
que fit Jésus. Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui ».
Jean 2:11
L'évangéliste Jean présente le miracle de Cana (l'eau changée en vin) comme le premier signe par lequel Jésus a révélé sa gloire à ses disciples pour qu'ils croient en lui. Tout au long des quatre évangiles, nous rencontrons de nombreux récits de miracles : guérisons, exorcismes, résurrections, pêches miraculeuses, multiplications de pains, tempête apaisée, etc? jusqu'à la glorieuse résurrection de Jésus. Ces signes ont été donnés par Dieu pour amener les hommes à croire que Jésus est bien celui à qui Il a remis tout pouvoir (Matthieu 28:18), non seulement celui de sauver et racheter les hommes qui croient en Lui, mais celui de juger à la fin du monde. Les miracles font partie intégrante des évangiles, autant que les enseignements de Jésus. D'ailleurs, une part importante de cet enseignement et des discussions du Seigneur avec les Juifs a pour point de départ un de ces miracles. Les paroles n'auraient plus de sens si le miracle qui en fait le sujet n'avait pas existé.
Dans les évangiles, les miracles de Jésus sont associés à l'annonce de la Bonne Nouvelle :
« Jésus parcourait toute la Galilée, enseignant dans les synagogues, prêchant la bonne nouvelle du royaume, et guérissant toute maladie et toute infirmité parmi le peuple. Sa renommée se répandit dans toute la Syrie, et on lui amenait tous ceux qui souffraient de maladies et de douleurs de divers genres, des démoniaques, des lunatiques, des paralytiques ; et il les guérissait. » (Matthieu 4:23-24).
Les miracles de Jésus révèlent sa grande compassion envers les hommes qui souffrent :
« Quand il sortit de la barque, il vit une grande foule, et fut ému de compassion pour elle, et il guérit les malades » (Matthieu 14:14).
Les miracles de Jésus amènent les hommes à glorifier Dieu :
« Alors s'approcha de lui une grande foule, ayant avec elle des boiteux, des aveugles, des muets, des estropiés, et beaucoup d'autres malades. On les mit à ses pieds, et il les guérit ; en sorte que la foule était dans l'admiration de voir que les muets parlaient, que les estropiés étaient guéris, que les boiteux marchaient, que les aveugles voyaient ; et elle glorifiait le Dieu d'Israël » (Matthieu 15:30-31).
Les miracles ont permis aux hommes de reconnaître la nature divine de Jésus. Ainsi, le pharisien Nicodème déclara sans détour à Jésus :
« Maître, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu car personne ne peut faire les miracles que tu fais si Dieu n'est avec lui » (Jean 3:2).
Les miracles dévoilent la nature divine de Jésus, quelquefois d'une manière bien particulière, comme quand ce sont des démons eux-mêmes qui en rendent témoignage :
« Il se trouva dans leur synagogue un homme qui avait un esprit impur, et qui s'écria : Qu'y a-t-il entre nous et toi, Jésus de Nazareth ? Tu es venu pour nous perdre. Je sais qui tu es : le Saint de Dieu. Jésus le menaça, disant : Tais-toi, et sors de cet homme. Et l'esprit impur sortit... » (Marc 1:23-26).
Les miracles de Jésus prouvent qu'il est bien Celui par lequel le monde a été créé et qui soutient toutes choses par sa parole puissante (Hébreux 1:2-3). C'est ce qui fait dire aux disciples en voyant leur Maître calmer la tempête :
« Quel est donc celui-ci à qui obéissent même le vent et la mer ? » (Marc 4:41)
Une autre fois, devant le prodige de la pêche miraculeuse, Pierre éprouvera un sentiment de petitesse et d'indignité devant la grandeur et la sainteté de Dieu révélée en Jésus :
« Quand il vit cela, Simon Pierre tomba aux genoux de Jésus, et dit : Seigneur, retire-toi de moi, parce que je suis un homme pécheur. Car l'épouvante l'avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la pêche qu'ils avaient faite » (Luc 5:8-9).
Les villes qui furent le théâtre de la prédication du Sauveur ont bénéficié de beaucoup de ses miracles, mais elles n'ont pas su tirer partie de ce privilège spirituel. Jésus les a condamnées pour leur endurcissement :
« Alors il se mit à faire des reproches aux villes dans lesquelles avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu'elles ne s'étaient pas repenties » (Matthieu 11:20).
Les miracles de Jésus prouvent aux hommes que le Fils de Dieu a pleins pouvoirs sur la terre pour accorder le pardon des péchés :
« Lequel est le plus aisé, de dire au paralytique : Tes péchés sont pardonnés, ou de dire : Lève-toi, prends ton lit, et marche ? Or, afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés : Je te l'ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton lit, et va dans ta maison. Et, à l'instant, il se leva, prit son lit, et sortit... » (Marc 2:9-12)
« Si c'est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc venu vers vous » (Luc 11:20).
Les miracles de Jésus démontrent que le royaume de Dieu est venu sur terre, que Jésus est bien le Messie attendu et qu'il accomplit parfaitement les promesses que Dieu avait faites par ses prophètes :
« À l'heure même, Jésus guérit plusieurs personnes de maladies, d'infirmités, et d'esprits malins, et il rendit la vue à plusieurs aveugles. Et il leur répondit : Allez rapporter à Jean (Baptiste) ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute ! » (Luc 7:21-23)
Ici, Jésus cite partiellement une prophétie d'Esaïe dont voici le contexte :
« Dites à ceux qui ont le cœur troublé : Prenez courage, ne craignez point ; voici votre Dieu, la vengeance viendra, la rétribution de Dieu ; il viendra lui-même, et vous sauvera. Alors s'ouvriront les yeux des aveugles, s'ouvriront les oreilles des sourds ; alors le boiteux sautera comme un cerf, et la langue du muet éclatera de joie. Car des eaux jailliront dans le désert, et des ruisseaux dans la solitude... Il y aura là un chemin frayé, une route, qu'on appellera la voie sainte ; nul impur n'y passera ; elle sera pour eux seuls ; ceux qui la suivront, même les insensés, ne pourront s'égarer » (Esaïe 35:4-6 et 8).
Croire aux miracles de Jésus représente donc, pour leurs témoins oculaires comme pour les croyants de tous les âges, un acte de reconnaissance et de confiance envers le Christ (ou Messie) que Dieu a donné aux hommes pour leur salut.
Les miracles de Jésus sont aussi des signes de la victoire sur l'Ennemi, de la lutte victorieuse pour sauver les victimes de la maladie, de la possession, du péché et de la mort. Christ est venu pour détruire les œvres du diable :
« Les soixante-dix revinrent avec joie, disant : Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom. Jésus leur dit : Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair » (Luc 10:17-18).
Toutefois, aux apôtres qui manifestaient spontanément leur joie de pouvoir dominer sur toutes les forces de l'Ennemi, le Seigneur a rappelé que le plus important, pour eux ne se trouvait pas dans le fait miraculeux :
« Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux » (Luc 10:20).
En fait, pour le croyant, n'est-ce pas cela le plus grand miracle : l'homme perdu et condamné peut être désormais sauvé et racheté par le sacrifice de Jésus-Christ ?
« Le Seigneur travaillait avec eux, et confirmait
la parole par les miracles qui l'accompagnaient »
Marc 16:20
Les miracles des apôtres, à côté de leur effet immédiat, ont un rôle d'authentification. Paul dit aux Corinthiens :
« Les preuves de mon apostolat ont éclaté au milieu de vous par une patience à toute épreuve, par des signes, des prodiges et des miracles » (2 Corinthiens 12:12).
Les miracles des apôtres confirment le caractère divin du message que Jésus a confié à ses envoyés :
« Comment échapperons-nous en négligeant un si grand salut, qui, annoncé d'abord par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l'ont entendu, Dieu appuyant leur témoignage par des signes, des prodiges, et divers miracles, et par les dons du Saint Esprit distribués selon sa volonté » (Hébreux 2:3-4).
Les miracles des apôtres sont attribués au Seigneur :
« Paul et Barnabas restèrent cependant assez longtemps à Icône, parlant avec assurance, appuyés sur le Seigneur, qui rendait témoignage à la parole de sa grâce et permettait qu'il se fit par leurs mains des prodiges et des miracles » (Actes 14:3).
Le livre des Actes rapporte de nombreux récits de miracles opérés par Dieu en présence de ses serviteurs :
« Beaucoup de miracles et de prodiges se faisaient au milieu du peuple par les mains des apôtres » (Actes 5:12).
Au troisième chapitre du livre des Actes, nous trouvons le récit du premier miracle accompli par Pierre quelque temps après la Pentecôte. Ce texte nous fait voir comment Dieu va utiliser la guérison d'un homme boiteux de naissance pour permettre à l'apôtre d'annoncer l'Evangile au peuple accouru pour voir et, le lendemain, devant les chefs et les anciens du peuple. Relisons attentivement quelques unes des paroles prononcées ce jour là par Pierre :
« Pourquoi avez-vous les regards fixés sur nous, comme si c'était par notre propre puissance ou par notre piété que nous eussions fait marcher cet homme ? » (Actes 3:12)
« C'est par la foi en son nom (le nom de Jésus) que son nom a raffermi celui que vous voyez et connaissez ; c'est la foi en lui qui a donné à cet homme cette entière guérison, en présence de vous tous. » (Actes 3:16)
Dès le départ, Pierre veut détourner les regards de sa propre personne pour les ramener sur Jésus-Christ.
Pierre affirme avec force que la guérison du boiteux ne vient pas de lui, que sa dévotion envers Dieu, son amour pour les choses spirituelles ne sont pas à l'origine du miracle.
Pierre atteste qu'il n'y a rien d'autre en lui qu'une foi pleine et entière dans le nom de Jésus.
La foi dans le nom de Jésus nous obtient le pardon des péchés :
« Tous les prophètes rendent de lui (Jésus) le témoignage que quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon des péchés » (Actes 10:43).
La foi au nom de Jésus procure la vie éternelle :
« ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom » (Jean 20:31).
Le nom de Jésus-Christ prononcé par Pierre pour la guérison agit avec la même puissance que la personne elle-même du Fils de Dieu. En effet, Pierre avait dit au boiteux :
« au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche » (Actes 3:6).
Il le redira quelque temps après, en présence des chefs du peuple :
« Sachez-le tous, et que tout le peuple d'Israël le sache ! C'est par le nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts, c'est par lui que cet homme se présente en pleine santé devant vous » (Actes 4:10).
Le miracle accompli par Pierre a une double utilité :
Ainsi, à partir de l'événement miraculeux de la guérison du boiteux, Dieu a pu conduire les apôtres à faire entendre la Bonne nouvelle de sa grâce, et par la même occasion, à fermer la bouche des hommes qui s'opposaient à Jésus et à ses envoyés :
« Mais, comme ils voyaient là près d'eux l'homme qui avait été guéri, ils n'avaient rien à répliquer » (Actes 4:14).
Du récit de ce premier miracle de l'histoire de l'Église, on peut retenir la leçon suivante :
Au fil des siècles, en raison de l'abandon progressif de la Parole de Dieu, de l'introduction de nouvelles croyances et du développement toujours plus important des traditions extra-bibliques, la compréhension du fait miraculeux, au sein de l'Église Catholique, se modifiera ainsi :
Les miracles accomplis par Jésus et les apôtres nous étonnent toujours. Cependant aucun ne possède le caractère étrange, insolite ou extravagant si typique des récits miraculeux rapportés dans la tradition catholique.
Le cahier édité par "Famille chrétienne", que nous avons cité au début de cette étude, énumère quelques-uns de ces phénomènes extraordinaires. On y trouve mentionnés : les lévitations (extase ascensionnelle, vol d'extase et marche extatique), les rayonnements lumineux, les effluves parfumées, l'abstinence prolongée (jusqu'à 28 ans), les crucifix qui parlent, tournent la tête, bougent les pieds, s'inclinent, saignent, projettent des rayons (p. 34 et 35).
Les cultes à la Vierge, quant à eux, bénéficient aussi de tout un ensemble de visions, miracles, prophéties, révélations et phénomènes divers (p. 36).
Les grands mystiques catholiques (sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse d'Avila et saint Jean de la Croix, par exemple) ont laissé des écrits dans lesquels ils relatent avec précision leur itinéraire spirituel et les expériences qu'ils ont vécues. Dans son livre Le chemin de la perfection, Thérèse d'Avila, carmélite espagnole (XVI° siècle), décrit ainsi ses expériences mystiques :
« Dans ces ravissements, l'âme ne semble pas animer le corps, on sent donc très vivement qu'il perd sa chaleur naturelle ; il se refroidit peu à peu, avec une douceur extrême et délectable. Ici nul moyen de résister... Lorsque je voulais résister, je me sentais soulevée par les pieds par des forces d'un telle puissance, que je ne sais à quoi les comparer, beaucoup plus impétueuses que les choses de l'esprit dont j'ai parlé... »3
Les religieuses qui vivaient avec Thérèse d'Avila furent elles-mêmes témoins de phénomènes lumineux, catalepsie, lévitations, parfums surnaturels qui accompagnaient ses extases et ses ravissements. Thérèse d'Avila a été canonisée et proclamée docteur par l'Église Catholique.
Les maîtres du mysticisme catholique en sont venus à définir tout un itinéraire spirituel par lequel l'âme croyante doit passer pour arriver à la « vraie communion avec Dieu ». Dans son livre Baptisé et rempli de l'Esprit, l'auteur Alfred Kuen décrit les étapes de cet itinéraire4 :
« 1. Grâces mystiques diverses : visions, voix, parler en langue,
écriture automatique, stigmates, lévitations, extases...
2. Nuit des sens : ces diverses grâces cessent.
3. Nuit de l'esprit : doutes, sentiment d'être abandonné de Dieu, désir de mourir...
4. Etat théopathique ou union transformante : communion avec Dieu. »
Entre cet itinéraire mystique et le chemin de la sanctification enseigné dans le Nouveau Testament, on ne trouve aucun point commun.
Entre la bizarrerie de ces phénomènes surnaturels et la glorieuse splendeur des interventions divines décrites dans la Bible, il n'y a aucune possibilité de comparaison.
À ce constat, il n'est peut-être pas inutile d'ajouter que des milliers de brahmanes, de yogis, de derviches font des expériences religieuses semblables à celles des mystiques catholiques.
L'histoire montre que tous ces "miracles" ont finalement conduit l'Église Catholique à :
Tandis que les miracles de Jésus et des apôtres ont permis aux hommes de :
« Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse : nous, nous prêchons Christ crucifié ; scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs » (1 Corinthiens 1:22-24).
Ainsi, tandis que les Juifs étaient en quête de signes miraculeux et que les Grecs réclamaient les systèmes philosophiques rationnels pour étayer leur foi, l'apôtre Paul, lui, prêchait la croix de Jésus, source et fondement du salut pour tout homme.
En cette fin de XX° siècle, rien n'a changé. On rencontre toujours des tempéraments religieux (comme l'étaient les Juifs du temps de Paul) qui regardent aux miracles, et des esprits rationalistes (comme les Grecs de l'Antiquité) qui n'ont confiance qu'en leurs capacités de raisonnement. Tous ont besoin de savoir que la Parole de Dieu est pleine de vie et de puissance, suffisante pour conduire l'homme perdu vers son salut :
« Car je n'ai point honte de l'Evangile : c'est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec, parce qu'en lui est révélée la justice de Dieu par la foi et pour la foi, selon qu'il est écrit : le juste vivra par la foi. » (Romains 1:16-17).
Parler des miracles de l'Église Catholique conduit nécessairement à évoquer ceux qui en sont à l'origine : les saints et les saintes reconnus par Rome.
Qui sont les saints, selon l'Église Catholique et selon la Bible ? Pour quelles raisons les catholiques les vénèrent-ils et font monter vers eux des prières d'intercession ? Quel rôle leur attribue-t-on (ainsi qu'à la Vierge) aux côtés de notre Seigneur Jésus-Christ ?
Pour obtenir des réponses claires sur ce sujet, nous procéderons à une étude comparée de la Bible (Parole de Dieu) et du Catéchisme de l'Église Catholique (enseignement du Magistère romain), selon qu'il est dit :
« Toute Ecriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l'homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œvre. » (2 Timothée 3:16).
Le dictionnaire Le Robert donne cette définition au mot Saint :
« Personne qui est, après la mort, l'objet, de la part de l'Église Catholique, d'un culte public et universel (dit culte de dulie), en raison du très haut degré de perfection chrétienne qu'il ou qu'elle a atteint durant sa vie ».
Selon les distinctions de la théologie vaticane, le culte rendu à Dieu est appelé latrie (adoration), aux anges et aux saints, dulie (honneur rendu aux serviteurs), à Marie, hyperdulie (en raison de sa qualité de "Mère de Dieu et de l'Église").
L'Église Catholique "béatifie" (déclare bienheureux) ou "canonise" (proclame saint) certains de ses membres après enquête et procès. Pour la canonisation, il est requis un miracle après la béatification. Les bienheureux ont droit à un culte dans une église particulière ou dans une congrégation religieuse ; les saints sont l'objet d'un culte dans l'Église universelle (la première canonisation date de 933). Le culte des saints s'est particulièrement développé pendant tout le Moyen-Âge avec les pèlerinages, les processions, le culte des reliques, les récits de "miracles", les hagiographies, etc.
Certains de ces cultes sont restés très populaires : par exemple, les miracles obtenus par l'intercession de saint Antoine (de Padoue) pour retrouver les objets égarés, ou la protection miraculeuse sur les routes par le port de médailles à l'effigie de saint Christophe, patron des voyageurs.
Lorsqu'il écrit aux chrétiens de Philippes, l'apôtre s'adresse à eux de la manière suivante :
« Paul et Timothée, serviteurs de Jésus-Christ, à tous les saints qui sont à Philippes, aux évêques et aux diacres... » (Philippiens 1:1).
Qui sont ces saints à qui Paul s'adresse au début de son épître ? Tout simplement les croyants de cette église qui ont été baptisés, parce qu'ils sont sanctifiés en Christ. Dans l'Église primitive, la sainteté n'est donc pas le caractère spécial d'une élite parmi les chrétiens, mais la position commune de tous ceux qui sont nés de nouveau, nés d'En-Haut (cf. Jean 3:7). Si nous lisons les lettres du Nouveau Testament, nous pouvons remarquer que les auteurs emploient indifféremment plusieurs mots pour désigner les chrétiens. Les termes les plus utilisés sont : croyants, disciples, saints, frères, auxquels on peut ajouter les expressions : "bien-aimés de Dieu", "élus de Dieu", "fidèles", "ceux qui ont été appelés"...
Le mot "saint" signifie "pur", "mis à part". Dès l'instant où nous acceptons la grâce de Jésus-Christ, nous appartenons à Dieu : nous sommes donc saints. Mais, bien sûr, beaucoup reste à faire ! Il faut que nous soyons débarrassés des vestiges de notre vieille nature et pourvus des qualités requises pour le service de notre Maître :
« Puisque celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite, selon qu'il est écrit : Vous serez saints, car je suis saint. » (1 Pierre 1:15-16).
Notre position est en Christ et nous devons apprendre à vivre en conséquence. Dieu nous regarde au travers du Seigneur Jésus et déclare que nous sommes parfaits. C'est la nouvelle nature qui est parfaite, et la vieille reste imparfaite. Notre condition ne pourra jamais être parfaite dans ce monde, car notre vieille nature est en nous, et elle est toujours mauvaise. Mais quand le Seigneur reviendra, l'œvre sera achevée, et nous lui serons rendus exactement semblables :
« Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n'a pas encore été manifesté ; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu'il est. Quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui-même est pur. » (1 Jean 3:2-3).
« Quiconque croit que Jésus est le Christ est né de Dieu. » (1 Jean 5:1)
« Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. » (Romains 8:1)
« Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. » (2 Corinthiens 5:17)
« Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d'être glorifiés avec lui. » (Romains 8:17)
« Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. » (Jean 15:14)
« Car celui qui sanctifie (Jésus) et ceux qui sont sanctifiés (les croyants rachetés) sont tous issus d'un seul (Dieu, le Père). C'est pourquoi il (Jésus) n'a pas honte de les appeler frères, lorsqu'il dit : J'annoncerai ton nom à mes frères, je te célébrerai au milieu de l'assemblée. » (Hébreux 2:11-12)
« À celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, et qui a fait de nous un royaume, des sacrificateurs pour Dieu son Père, à lui soient la gloire et la puissance aux siècles des siècles ! Amen ! » (Apocalypse 1:5b-6)
« Nous faisons donc les fonctions d'ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous ; nous vous en supplions au nom de Christ : soyez réconciliés avec Dieu ! » (2 Corinthiens 5:20)
Cette énumération n'est pas exhaustive.
« Sanctifie-les par ta vérité : ta parole
est la vérité »
(Jean 17:17)
Pour nous sanctifier, le Saint-Esprit se sert surtout de la Parole de vérité qu'il a inspirée, et de la prière qu'il nous inspire aussi :
« Déjà vous êtes purs à cause de la parole que je vous ai annoncée » (Jean 15:3).
« De même aussi l'Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu'il convient de demander dans nos prières. Mais l'Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables ; et celui qui sonde les cœurs connaît quelle est la pensée de l'Esprit, parce que c'est selon Dieu qu'il intercède en faveur des saints » (Romains 8:26-27).
L'Esprit nous révèle surtout la vérité capitale que
« nous sommes sanctifiés par l'offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes » (Hébreux 10:10).
C'est son sang qui nous purifie de tout péché, après nous avoir procuré le pardon :
« Si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché » (1 Jean 1:7).
Il nous faut ouvrir, par la foi et sans réserve, notre cœur au Seigneur, en lui demandant de venir y habiter par son Saint-Esprit. Il sanctifiera ainsi notre cœur et en fera le temple du Saint-Esprit, comme il a autrefois sanctifié le sanctuaire d'Israël en venant y habiter (cf. Exode 29:43-45) :
« Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes ? Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit qui appartiennent à Dieu » (1 Corinthiens 6:19-20).
Cette présence divine est le privilège de tout enfant de Dieu qui doit alors vivre selon l'Esprit. C'est l'Esprit qui peut nous sanctifier tout entiers, afin que tout notre être, l'esprit, l'âme et le corps, soit conservé dans son intégrité et sa pureté, lorsque notre Seigneur Jésus-Christ reviendra :
« Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l'esprit, l'âme et le corps, soit conservé irrépréhensible, lors de l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ ! Celui qui vous a appelés est fidèle, et c'est lui qui le fera. » (1 Timothée 5:23-24).
Nous ne devons pas penser que la sanctification est un palier auquel on accède et où l'on peut se considérer comme arrivé. L'apôtre Paul disait :
« Ce n'est pas que j'aie déjà remporté le prix, ou que j'aie déjà atteint la perfection ; mais je cours, pour tâcher de le saisir, puisque moi aussi j'ai été saisi par Jésus-Christ. Frères, je ne pense pas l'avoir saisi ; mais je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ » (Philippiens 3:12-14).
L'Église Catholique encourage ses fidèles à prier les saints. Elle a établi un calendrier liturgique où, tout au long de l'année, on peut fêter la mémoire glorieuse de ses héros de la foi et faire monter vers eux des prières d'intercession. Dans les églises, on a installé des chapelles latérales où se trouvent un autel avec une statue ou une image du saint, devant laquelle l'on peut venir prier et brûler des cierges. Il n'est pas exagéré de faire ici le rapprochement avec les pratiques religieuses païennes de l'Antiquité et leurs mythologies. N'est-ce pas, d'ailleurs, pour leur trouver un substitut que l'empereur Phocas, au VII° siècle, transforma le Panthéon romain, temple païen, en église dédiée à Marie et à tous les saints. Quatorze statues monumentales des dieux furent alors remplacées par quatorze autels.
Lorsqu'au XVI° siècle les Réformateurs commencèrent à demander avec insistance où pouvait se trouver dans la Bible l'intercession des saints, l'Église romaine fut dans l'embarras. Elle se vit alors obligée d'admettre dans le canon des Saintes Ecritures les livres apocryphes de l'Ancien Testament, que jamais les Juifs ni l'Église, jusque-là, n'avaient tenus pour inspirés. Elle avait cru trouver, en effet, dans les versets 2 Macchabées 15:11-16 un appui pour sa doctrine : on y voit Jérémie et le grand-prêtre Onias intercéder dans le ciel en faveur du peuple juif persécuté. La Bible de Jérusalem (éd. 1986) donne dans une note, au verset 14, l'explication suivante :
« ce rôle conféré à Jérémie et à Onias est la première attestation d'une croyance en une prière des justes défunts pour les vivants ».
Selon l'Église Catholique, ce serait au regard des mérites qu'ils ont acquis sur la terre que les saints, demeurant au ciel, pourraient intercéder auprès de Dieu en faveur des vivants :
« Étant en effet plus intimement liés avec le Christ, les
habitants du ciel contribuent à affermir plus solidement l'Église en sainteté. Ils
ne cessent d'intercéder pour nous auprès du Père, offrant les mérites qu'ils ont acquis
sur terre par l'unique Médiateur de Dieu et des hommes, le Christ Jésus. Ainsi leur
sollicitude fraternelle est du plus grand secours pour notre infirmité.
"Ne pleurez pas, je serai plus utile après ma mort et je vous aiderai plus efficacement
que pendant ma vie" (Saint Dominique, mourant, à ses frères).
"Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre" (Sainte Thérèse de l'Enfant
Jésus). »
(Catéchisme de l'Église Catholique, art. n°956)
Le Magistère catholique distingue trois catégories de croyants dans l'Église :
Le recours à l'intercession des saints permettrait au pécheur repentant d'être plus rapidement et mieux purifié de ses péchés.
« Dans la communion des saints "il existe donc entre les fidèles - ceux qui sont en possession de la patrie céleste, ceux qui ont été admis à expier au purgatoire ou ceux qui sont encore en pèlerinage sur la terre - un constant lien d'amour et un abondant échange de tous biens". Dans cet échange admirable, la sainteté de l'un profite aux autres, bien au-delà du dommage que le péché de l'un a pu causer aux autres. Ainsi, le recours à la communion des saints permet au pécheur contrit d'être plus tôt et plus efficacement purifié des peines du péché. » (Catéchisme de l'Église Catholique, art. n°1475)
L'intercession des saints est non seulement un recours possible pour le fidèle catholique, mais aussi un devoir. La vie des saints est offerte en modèle et la lecture de leurs écrits est recommandée.
« Les témoins qui nous ont précédés dans le Royaume, spécialement ceux que l'Église reconnaît comme "saints", participent à la tradition vivante de la prière, par le modèle de leur vie, par la transmission de leurs écrits et par leur prière aujourd'hui. Ils contemplent Dieu, ils Le louent et ne cessent de prendre soin de ceux qu'ils ont laissés sur la terre. En entrant "dans la joie" de leur Maître, ils ont été "établis sur beaucoup". Leur intercession est leur plus haut service du dessein de Dieu. Nous pouvons et devons les prier d'intercéder pour nous et pour le monde entier. » (Catéchisme de l'Église Catholique, art.n°2683)
Les mérites des saints, la participation des saints dans la purification des péchés, le devoir de prier les saints : absolument rien de cela ne peut se trouver dans la Bible. La notion de mérites dans le sens d'œvres qui nous vaudraient la faveur divine ne rentre pas dans la perspective de la théologie de la grâce. Par décret divin, tout mérite humain a été mis de côté pour que la grâce pure pût régner, dans une souveraineté absolue et parfaite.
« Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu » (Ephésiens 2:8).
Le recours à l'intercession des saints ne peut être non plus ni une possibilité, ni un devoir, puisque le Nouveau Testament n'en parle pas. Quant à rechercher des modèles de sainteté et des écrits édifiants, la Bible devrait être le premier ouvrage à consulter en la matière.
Même après le Concile Vatican II, beaucoup de catholiques continuent à passer trop de temps à chercher la vérité dans des ouvrages de piété, alors qu'ils n'ont jamais lu la Bible, Parole de Dieu, une fois dans sa totalité. L'auteur de la présente étude fait référence à sa propre expérience d'ancien catholique et à la réalité d'une situation que chacun peut vérifier facilement dans son propre entourage.
Il se trouve d'ailleurs des théologiens catholiques "de bonne foi" qui reconnaissent que la dévotion aux saints et à la Vierge ne se justifient pas. Cependant, ils n'ont pas le courage de le dire à haute voix et de le dénoncer : cela remettrait en cause tant de siècles de traditions et d'erreurs !
Il ne peut, certes, faire de mal à personne de lire des biographies de saints. Il faut toutefois bien réaliser jusqu'où cela peut nous conduire si nous le faisons sans discernement, car ces récits passionnants sont la plupart du temps un des moyens les plus efficaces que l'Église Catholique utilise pour faire accepter ses doctrines extra-bibliques. Nous proposons, ci-dessous, deux exemples pour illustrer notre propos.
Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), plus connu sous le nom de "curé d'Ars".
Ce prêtre est une des figures les plus populaires de la catholicité : sa simplicité, son souci de conduire les foules à la repentance, sa réputation de sainteté lui ont valu la canonisation en 1925.
Il vivait pauvrement : il couchait sur la paille, à même le plancher et se nourrissait de pommes de terres cuites à l'eau ou de croûtons de pauvres. Il pratiquait la mortification, s'imposait cilice et discipline pour convertir ses paroissiens. Croyant en la présence réelle du Christ dans l'hostie, J.M. Vianney passait de longues heures en adoration, devant le Saint Sacrement. Lorsqu'il parlait en public, ses auditeurs étaient frappés par la simplicité de son enseignement. Par exemple, il disait :
« La sainte Vierge, comme une bonne mère, est là aussitôt que nous la prions. Elle nous écoute et elle est prête à nous accorder ce que nous lui demandons, elle est comme une mère de famille qui est au milieu d'une huitaine d'enfants. Chacun lui demande quelque chose, elle donne à tous... » (extrait de L'Église et les hommes, p.207, Ed. Fayard, 1983).
C'est en foule que l'on venait à Ars pour se confesser auprès du saint prêtre. Vers la fin de sa vie, il aurait entendu jusqu'à 80000 personnes par an dans son confessionnal. Le curé d'Ars est connu aussi pour sa dévotion à Sainte Philomène, dont il a contribué largement à répandre le culte en France5.
Aujourd'hui, la vie du curé d'Ars fascine toujours les catholiques. Son zèle religieux suscite l'admiration et il apparaîtra alors normal de croire, à la suite de J.M. Vianney, que :
Mais où trouver ces croyances dans la Bible ?
Plus proche de nous, saint Maximilien Kolbe a été canonisé le 10 octobre 1982 par Jean-Paul II.
Ce prêtre polonais a été arrêté et déporté à Auschwitz pour avoir eu le courage de s'opposer au nazisme. Fin juillet 1941, un prisonnier du bloc 14, celui de Maximilien, s'évade. Le chef de camp décide, en guise de représailles, d'envoyer au "bunker de la faim", pour qu'ils y meurent à petit feu, dix détenus du bloc 14. Le père Kolbe propose de prendre la place d'un père de famille désigné, et mourra courageusement et pieusement au bunker, soutenant par ses prières et ses chants ses codétenus dans leur angoisse.
Maximilien Kolbe avait dit :
« Nous sommes en temps de guerre et à tout moment on peut nous arrêter et nous mettre en prison ; mais qui donc aurait peur de souffrir pour la cause de l'Immaculée, sur cette terre ? »
La dévotion de ce prêtre à la Vierge l'avait conduit à fonder "la mission de l'Immaculée", œvre destinée à propager dans le monde la consécration à "l'Immaculée Conception", base de toute la "mission". Cette œvre fut approuvée et recommandée par le pape et est active actuellement dans une centaine de pays. Dans cette entreprise, la Vierge Marie joue un rôle capital. Maximilien Kolbe enseignait :
« Nous ne pouvons parler de conversion ni de sanctification sans l'aide de l'Immaculée, Mère de la divine grâce. Car celui qui s'approche de cette Dispensatrice des grâces divines, recevra des grâces en plus grand nombre, atteindra plus facilement la sainteté et travaillera à la sanctification de son prochain... Le fidèle qui veut travailler à la sanctification des autres doit commencer par la sienne. En se rapprochant toujours davantage de l'Immaculée, il obtiendra d'Elle la grâce d'aimer Dieu d'un amour parfait et réel dans les circonstances quotidiennes de la vie. La méthode la meilleure pour atteindre l'Immaculée, c'est la donation totale, la consécration, comme "son bien et sa propriété" »6.
La citation que nous venons de reproduire ici provient d'une très belle collection de vies de saints en bandes dessinées destinées à l'enseignement de la jeunesse catholique.
Ainsi, pour le jeune ou l'adulte catholique qui éprouverait des difficultés à accepter le dogme de l'Immaculée Conception, le témoignage exemplaire du père Kolbe enlèvera toute hésitation. Trois sources différentes et complémentaires conduisent à accepter cette croyance :
Soulignons au passage, une fois encore, le silence total de la Parole de Dieu sur cette croyance.
« Nous donc aussi, puisque nous sommes environnés
d'une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si
facilement, et courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte, ayant
les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi, qui, en vue de la joie
qui lui était réservée, a souffert la croix, méprisé l'ignominie, et s'est assis à la
droite du trône de Dieu. »
(Hébreux 12:1-2)
Jésus est celui qui seul peut implanter la foi dans le cœur de l'homme et qui peut aussi la conduire à son plein épanouissement ; il est tout autant la source que l'accomplissement de notre foi.
C'est donc toujours vers le Christ que le croyant doit porter son regard. Si nous désirons rechercher un modèle, que cela se fasse de façon à ce que ce soit Christ et sa Parole seulement qui soient reconnus à travers le témoignage humain, ainsi que le définissait Paul :
« Soyez mes imitateurs comme je le suis moi-même de Christ » (1 Corinthiens 11:1).
Christ est notre modèle.
« Je t'en conjure devant Dieu et devant le Seigneur Jésus-Christ, qui doit juger les vivants et les morts, et au nom de son apparition et de son royaume, prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur en instruisant. Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la sainte doctrine ; mais ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables. » (2 Timothée 4:1-4)
Lorsque l'on considère tout ce que l'Église Catholique a ajouté, au fil des siècles, à l'enseignement du Christ et des apôtres, on ne peut que reconnaître qu'il est déjà venu depuis longtemps, ce temps annoncé par Paul où les hommes ne veulent plus rien savoir de la pure doctrine biblique du salut.
En regardant vers les "saints", les catholiques se donnent une foule de maîtres et courent de doctrine en doctrine, ajoutant toujours plus à la confusion, déjà si grande, qui règne dans leur Église. Finalement, dans tout cela, on en vient toujours à :
La Bible enseigne que, selon la volonté de Dieu, il n'y a qu'un seul nom auquel nous puissions avoir recours, non seulement pour notre salut, mais aussi pour notre sanctification : JESUS-CHRIST.
« Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme, qui s'est donné lui-même en rançon pour tous. » (1 Timothée 2:5-6a).
Ce que Jésus-Christ a fait pour l'humanité en venant dans le monde est unique, définitif et pleinement suffisant.
En Christ, la révélation de Dieu est complète : ajouter de nos propres paroles au témoignage de la Bible, parole achevée, est une offense à Christ.
En Christ, la rédemption divine est parfaite : ajouter de nos propres œvres au sacrifice d'expiation accompli sur la croix est une offense à Christ.
L'œvre accomplie par le sacrifice de Christ sur la croix pour le rachat du pécheur est l'aboutissement des promesses et des prophéties de l'Ancien Testament. Le prix payé, c'est le sang du Rédempteur et le Saint-Esprit rend efficace la libération de celui qui croit en Jésus :
« En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce, que Dieu a répandu abondamment sur vous par toute espèce de sagesse et l'intelligence, nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le bienveillant dessein qu'il avait formé en lui-même, pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient accomplis, de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre. » (Ephésiens 1:7-10)
« Car le Fils de l'homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs. » (Marc 10:45)
Christ est le souverain sacrificateur, unique et parfait, par lequel nous pouvons nous approcher du trône de la grâce avec assurance. Il est aussi le sacrifice offert pour nous à Dieu.
« Mais lui (Jésus-Christ), parce qu'il demeure éternellement, possède un sacerdoce qui n'est pas transmissible. C'est aussi pour cela qu'il peut sauver parfaitement ceux qui s'approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur. Il nous convenait, en effet, d'avoir un souverain sacrificateur comme lui, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux, qui n'a pas besoin, comme les souverains sacrificateurs, d'offrir chaque jour des sacrifices, d'abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple, car ceci, il l'a fait une fois pour toutes en s'offrant lui-même. » (Hébreux 7:24-27).
« Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde » (Jean 1:29b)
Jésus-Christ reviendra pour juger les vivants et les morts. Le croyant racheté ne craint pas de paraître devant Dieu : celui qui défend et plaide sa cause est le Fils de Dieu lui même :
« C'est lui (Jésus) qui a été établi par Dieu juge des vivants et des morts » (Actes 10:42b).
« Et si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste » (1 Jean 2:1).
« Frères, je ne veux pas que vous ignoriez que nos
pères ont tous été sous la nuée, qu'ils ont tous passé au travers de la mer, qu'ils ont été
baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer...
« Mais la plupart d'entre eux ne furent point agréables à Dieu, puisqu'ils périrent
dans le désert... Ces choses leur sont arrivées pour servir d'exemples, et elles ont été
écrites pour notre instruction, à nous qui sommes parvenus à la fin des siècles. »
1 Corinthiens 10:1-2, 5, 11
Lorsqu'il écrivit sa première lettre aux chrétiens de Corinthe, Paul le fit, entre autres, pour régler certains désordres qui s'étaient installés dans leur Église. Dans cet extrait du chapitre 10, l'apôtre rappelle que beaucoup d'Israélites qui avaient été délivrés de l'esclavage égyptien par la main puissante de Dieu ne sont pas parvenus à la terre promise en raison de leur inconduite. Le Psaume 106, au verset 21, précise :
« Ils oublièrent Dieu, leur sauveur, qui avait fait de grandes choses en Egypte, des miracles dans le pays de Cham, des prodiges sur la mer Rouge ».
Paul établit ici un parallèle entre les Israélites et les chrétiens : de même que les enfants d'Israël avaient été "baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer", de même les croyants rachetés sont baptisés "en Christ" dans l'Esprit, affranchis de la servitude du péché et de la mort. En soulignant le fait que beaucoup d'Israélites, malgré les grandes bénédictions reçues, ne sont pas entrés en terre promise, Paul veut donner un sérieux avertissement aux chrétiens de Corinthe pour leur mauvaise conduite.
Pour les chrétiens d'aujourd'hui qui sont encore plus que les Corinthiens "parvenus à la fin des siècles", les expériences d'Israël dans le désert, et même toute l'histoire de ce peuple peuvent toujours "servir d'exemples" ou être mis à profit "pour notre instruction".
Dans notre recherche du discernement face aux nombreux phénomènes miraculeux qui se produisent au sein de l'Église Catholique, la comparaison avec l'expérience religieuse d'Israël dans l'Ancien Testament reste toujours une bonne référence.
Les miracles du Nouveau Testament sont associés au nom de Jésus-Christ et à son œvre de Rédemption. Ils sont des signes que Dieu a donnés aux hommes pour les aider à croire à l'Alliance qu'il leur propose en Christ : le salut et la vie éternelle dans son Royaume.
Les récits de miracles que nous trouvons dans l'Ancien Testament apparaissent également comme des signes de l'intervention de Dieu dans le monde pour se faire connaître aux nations. La révélation de sa personne, de sa parole, de sa volonté se fait à travers l'histoire du peuple d'Israël et l'Alliance qu'il établit avec lui. Mais dans une perspective plus large, tous ces signes miraculeux qui ont soutenu Israël dans sa marche avec Dieu ont été donnés en vue de préparer l'humanité à croire en son Sauveur. Dans l'Ancienne Alliance, tout converge déjà vers le but ultime que Dieu s'est fixé en Christ :
« Tout cela n'est que l'ombre des choses à venir, mais la réalité est celle du Christ » (Colossiens 2:17, traduction "à la Colombe").
« En effet, si la première alliance avait été sans défaut, il n'aurait pas été question de la remplacer par une seconde » (Hébreux 8:7).
Les miracles de l'Ancien Testament, mis à part les prophéties et leur accomplissement, se manifestent particulièrement à certaines périodes :
À ces miracles, qui jalonnent l'histoire du peuple de Dieu, on peut ajouter les impressionnants signes de jugement que furent le déluge et la destruction de Sodome et Gomorrhe rapportés dans le livre de la Genèse. Et, aussi, on ne peut pas oublier le premier et le plus grand de tous, le miracle des miracles : le récit de la création du monde par la Parole de Dieu.
La Bible s'ouvre sur cette sobre et solennelle déclaration : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre... » (Genèse 1:1) que l'Evangile de Jean complète par cette révélation :
« Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui n'a été fait n'a été fait sans elle » (Jean 1:1-3).
La Parole, c'est Jésus-Christ, dont l'épître aux Hébreux dit encore :
« Dieu dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, par lequel il a aussi créé le monde » (Hébreux 1:2).
Nous voyons ici que le commencement et la fin de tout ce qui existe se rejoignent en Jésus-Christ. Le rôle du Fils est tel que Dieu n'a de relations avec ce qui est en dehors de Lui-même que par le Fils :
« Il (le Fils) est l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent en lui. il est la tête du corps de l'Église ; il est le commencement, le premier-né d'entre les morts, afin d'être en tout le premier. Car Dieu a voulu que toute plénitude habitât en lui ; il a voulu par lui réconcilier tout avec lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix » (Colossiens 1:15-20).
Alors qu'il faisait paître le troupeau de son beau-père Jethro dans le désert du Sinaï, Moïse vit un phénomène stupéfiant : un buisson embrasé qui ne se consumait pas. C'est en s'approchant pour l'observer que le futur chef d'Israël reçut l'appel divin.
Dieu se révéla à lui comme étant « le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob » (Exode 3:6). Lorsque Moïse demanda à Dieu son nom, il lui répondit :
« Je suis celui qui est. Et il ajouta :c'est ainsi que tu répondras aux enfants d'Israël : celui qui est m'envoie vers vous... Voilà mon nom pour l'éternité, voilà mon nom de génération en génération » (Exode 3:14 et15b).
Le prodige du buisson ardent est un premier signe que Dieu donna à Moïse pour se faire connaître et lui confier la mission de libérer le peuple d'Israël de l'esclavage égyptien.
Lorsqu'il dévoile sa divinité aux Juifs qui l'écoutaient, Jésus s'attribue ce même nom que Dieu a révélé à Moïse dans le buisson ardent :
« En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis » (Jean 8:58).
S'il avait seulement préexisté, Jésus aurait dit : "j'étais" ; mais le Dieu éternel ne peut parler de Lui qu'au présent. Dieu seul peut parler ainsi. Reconnaître la divinité de Jésus-Christ est pour nous salutaire :
« Et il (Jésus) leur dit : vous êtes d'en bas ; moi, je suis d'en haut. Vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde. C'est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés ; car si vous ne croyez pas ce que je suis, vous mourrez dans vos péchés » (Jean 8:24).
Le mot "ce" n'est pas dans le texte original grec. Jésus veut donc dire ici : "si vous ne croyez pas que je suis l'Eternel, vous mourrez".
La Bible du Semeur propose cette traduction : « Si vous ne croyez pas que moi, je suis, vous mourrez dans vos péchés ». En effet, Jésus est pour nous le Dieu qui nous sauve, ou bien il n'est rien quant au salut de notre âme.
Les miracles accomplis par Moïse en Egypte (les dix plaies) sont des signes de la souveraineté de Dieu qui commande à Pharaon comme à Israël :
« J'étendrai ma main, et je frapperai l'Egypte par toutes sortes de prodiges que je ferai au milieu d'elle. Après quoi, il (Pharaon) vous laissera aller » (Exode 3:20).
« Les Egyptiens connaîtront que je suis l'Eternel, lorsque j'étendrai ma main sur l'Egypte, et que je ferai sortir d'eux les enfants d'Israël » (Exode 7:5).
Après le passage de la mer Rouge :
« En ce jour, l'Eternel délivrera Israël de la main des Egyptiens ; et Israël vit sur le rivage de la mer les Egyptiens qui étaient morts. Israël vit la main puissante, que l'Eternel avait dirigée contre les Egyptiens. Et le peuple craignit l'Eternel, et il crut en l'Eternel et en Moïse, son serviteur » (Exode: 14:31).
La libération des Hébreux du joug de l'esclavage égyptien préfigure la libération de l'humanité de l'asservissement au péché et à la mort.
Pour Israël, le libérateur fut Moïse à qui Dieu donna la direction à suivre et la pleine autorité, en effectuant en sa présence des prodiges extraordinaires.
Pour l'humanité, le Sauveur est le Seigneur Jésus, le Fils de Dieu. Par les miracles qu'il a accomplis sur la terre, Jésus a révélé sa nature divine, et par sa résurrection, il a confirmé la pleine autorité qu'il avait reçue du Père : « Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre » (Matthieu 28:18).
Pouvoirs de sauver, de ressusciter, de juger :
« En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie » (Jean 5:24).
À côté des miracles de Dieu, la Bible montre aussi que Satan, l'ennemi de l'homme, est capable de faire des prodiges pour contrefaire les signes divins. Ainsi, lorsque Dieu transforma le bâton d'Aaron en serpent devant Pharaon, nous voyons que les magiciens en firent autant par leurs pratiques occultes (Exode 7:11). De même, lorsque Dieu change l'eau du Nil en sang et fait monter les grenouilles sur le pays d'Egypte, la Bible dit à chaque fois :
« Mais les magiciens d'Egypte en firent autant par leurs pratiques occultes » (Exode 7:22 et 8:3).
Cependant, lorsque Dieu fait devenir la poussière de la terre une multitude de moustiques, les magiciens ne purent pas le faire.
« Alors les magiciens dirent à Pharaon : c'est le doigt de Dieu ! » (Exode 8:15).
La Bible nous révèle donc - dans une certaine mesure, utile pour notre connaissance - l'existence de puissances occultes pouvant tromper les hommes en imitant les miracles de Dieu. Le Christ et les apôtres parlent ouvertement de grands prodiges et de signes extraordinaires qu'accompliront dans les temps à venir de faux christs et de faux prophètes, dans le but d'induire en erreur l'humanité (cf. les versets Matthieu 24:24, 2 Thessaloniciens 2:9-10, 2 Corinthiens 11:14-15, cités dans l'introduction).
Un nuage surnaturel en forme de pilier, symbole de la présence divine, se déplaçait devant les Israélites au désert :
« L'Eternel allait devant eux, le jour dans une colonne de nuée pour les guider dans leur chemin, et la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer, afin qu'ils marchassent jour et nuit » (Exode 13:21).
« Aussi longtemps que durèrent leurs marches, les enfants d'Israël partaient, quand la nuée s'élevait de dessus le tabernacle. Et quand la nuée ne s'élevait pas, ils ne partaient pas, jusqu'à ce qu'elle s'élevât. » (Exode 40:36-37)
La nuée couvrait la tente de la Rencontre et la gloire de l'Eternel remplissait le tabernacle.
La nuée guidait et protégeait le peuple de Dieu. Avec Jésus, lumière du monde, le croyant racheté voit clair pour se conduire dans le monde :
« Jésus leur parla de nouveau, et leur dit : je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. » (Jean 8:12).
Les « enfants de lumière » (Luc 16:8) sont parfaitement conduits par leur Sauveur.
La colonne de nuée donne également une merveilleuse représentation de ce que Christ fait pour protéger et garder ses rachetés. En effet, lorsque Pharaon et toute son armée avaient rejoint le peuple d'Israël aux abords de la mer Rouge, la Bible dit :
« L'ange de Dieu, qui allait devant le camp d'Israël, partit et alla derrière eux ; et la colonne de nuée, qui les précédait, partit et se tint derrière eux. Elle se plaça entre le camp des Egyptiens et le camp d'Israël. Cette nuée était ténébreuse d'un côté, et de l'autre éclairait la nuit. Et les deux camps n'approchèrent point l'un de l'autre pendant toute la nuit. » (Exode 14:19-20)
Ainsi la nuée était perçue de deux façons :
Nous trouvons ici une figure de la croix de Christ qui donne :
« Je suis venu dans ce monde pour un jugement, pour que ceux qui ne voient point voient, et ceux qui voient deviennent aveugles. » (Jean 9:39).
Nous pouvons, enfin, comprendre la colonne de nuée comme une image de l'Agneau de l'Apocalypse :
« Les rois de la terre, les grands, les chefs militaires, les riches, les puissants, tous les esclaves et les hommes libres, se cachèrent dans les cavernes et dans les rochers des montagnes. Et ils disaient aux montagnes et aux rochers : Tombez sur nous, et cachez-nous devant la face de celui qui est assis sur le trône, et devant la colère de l'Agneau, car le grand jour de sa colère est venu, et qui peut subsister ? » (Apocalypse 6:15-17).
« Et l'un des vieillards prit la parole et me dit : Ceux qui sont revêtus de robes blanches, qui sont-ils et d'où sont-ils venus ? Je lui dis : Mon seigneur, tu le sais. Et il me dit : Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation ; ils ont lavé leurs robes, et ils les ont blanchies dans le sang de l'Agneau. C'est pour cela qu'ils sont devant le trône de Dieu, et le servent jour et nuit dans son temple. Celui qui est assis sur le trône dressera sa tente sur eux ; ils n'auront plus faim, ils n'auront plus soif, et le soleil ne les frappera point, ni aucune chaleur. Car l'agneau qui est au milieu du trône les paîtra et les conduira aux sources des eaux de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. » (Apocalypse 7:13-17)
Dieu a fait sortir Israël d'Egypte par sa main puissante et l'a conduit au désert. Pendant 40 ans, toute cette population ne put subsister dans le désert que grâce au secours et aux miracles de Dieu. Lorsque le peuple fut sur le point de pénétrer en Canaan, Moïse lui rappela que, pendant toutes les marches, Dieu l'avait porté, comme un homme porte son fils :
« L'Eternel, votre Dieu, qui marche devant vous, combattra lui-même pour vous, selon tout ce qu'il a fait sous vos yeux en Egypte, puis au désert, où tu as vu que l'Eternel, ton Dieu, t'a porté comme un homme porte son fils, pendant toute la route que vous avez faite jusqu'à votre arrivée dans ce lieu. » (Deutéronome 1:30-31).
Au désert, Dieu donna à boire miraculeusement à son peuple :
« Il fendit les rochers dans le désert, et il donna à boire comme des flots abondants ; du rocher il fit jaillir des sources, et couler des eaux comme des fleuves. » (Psaume 78:15-16).
Dieu nourrit son peuple miraculeusement avec les cailles :
« Il fit souffler dans les cieux le vent d'orient, et amena par sa puissance le vent du midi ; il fit pleuvoir sur eux la viande comme la poussière, et comme le sable des mers, les oiseaux ailés ; il les fit tomber au milieu de leur camp, tout autour de leurs demeures. Ils mangèrent et se rassasièrent abondamment : Dieu leur donna ce qu'ils avaient désiré. » (Psaume 78:26-29).
Dieu donna pendant les 40 années de leur séjour au désert la manne, nourriture miraculeuse :
« Il commanda aux nuages d'en haut, et il ouvrit les portes des cieux ; il fit pleuvoir sur eux la manne pour nourriture, et il leur donna le blé du ciel. Ils mangèrent tous le pain des grands, il leur envoya de la nourriture à satiété. » (Psaume 78:23-25).
Dans son discours sur le pain de vie, Jésus reparle de la manne pour expliquer qu'elle nourrissait le corps sans l'empêcher de mourir, tandis que lui, Jésus, est le véritable pain de vie descendu du ciel, qui peut nourrir l'âme et lui assurer la vie éternelle :
« Jésus leur dit : en vérité, en vérité, je vous le dis, Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel, mais mon père vous donne le vrai pain du ciel ; car le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. Ils lui dirent : Seigneur, donne-nous toujours ce pain. Jésus leur dit : je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n'aura jamais faim, et celui qui croit en moi n'aura jamais soif. » (Jean 6:32-35).
« Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement, et le pain que je donnerai, c'est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde. Là-dessus, les Juifs disputaient entre eux : Comment peut-il nous donner sa chair à manger ? Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez son sang, vous n'avez point la vie en vous-mêmes. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle : et je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage. » (Jean 6:51-55).
La réaction des auditeurs de Jésus est vive : "Comment cet homme pourrait-il nous donner son corps à manger ?"
En s'exprimant ainsi, Jésus expliquait que, pour devenir ses disciples, il fallait manger sa chair et boire son sang, mais non pas dans un sens matériel, mais spirituel, c'est-à-dire s'approprier par la foi la personne et l'œvre de Jésus-Christ : le repas de la cène me rappelle que Jésus est mort pour moi, qu'il a souffert dans son corps et versé son sang en rançon pour mes péchés.
Dans le discours du pain de vie, manger signifie donc simplement : croire.
Avec le miracle du serpent d'airain, nous pouvons voir une autre préfiguration de l'œvre du Christ en faveur de l'homme pécheur qui se repent.
Lors du séjour au désert, le peuple murmura contre Dieu et Moïse en disant :
« Pourquoi nous avez-vous fait monter hors d'Egypte pour que nous
mourrions dans le désert ? Car il n'y a point de pain et il n'y a point d'eau, et notre
âme est dégoûtée de cette misérable nourriture (la manne) ».
« Alors l'Eternel envoya contre le peuple des serpents brûlants ; ils mordirent le
peuple, et il mourut beaucoup de gens en Israël » (Nombres 21:5-6).
Voyant cela, le peuple se repentit de ses murmures. Dieu ordonna alors à Moïse de fixer sur une perche un serpent de métal : les Israélites mordus par les serpents pouvaient se tourner vers cet emblème et faire acte de foi dans la parole de Dieu qui promettait de guérir tous ceux qui le regarderaient :
« L'Eternel dit à Moïse : Fais-toi un serpent brûlant, et place-le sur une perche ; quiconque aura été mordu, et le regardera, conservera la vie. Moïse fit un serpent d'airain, et le plaça sur une perche ; et quiconque avait été mordu par un serpent et regardait le serpent d'airain, conservait la vie. » (Nombres 21:8-9).
Dans son entretien avec le pharisien Nicodème, Jésus évoque cet épisode de l'histoire d'Israël :
« Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle. » (Jean 3:14-15).
Ainsi, de même que ceux qui avaient été mordus par les serpents venimeux étaient guéris quand ils regardaient en toute confiance le serpent d'airain, de même, nous qui avons été blessés mortellement par le péché, nous pouvons regarder avec foi Jésus crucifié et vivre guéris, en communion avec Dieu.
C'est sous la conduite de Josué que s'est faite la conquête militaire de la terre promise et le partage du pays. Lors du passage du Jourdain, Dieu coupa en deux les eaux du fleuve par une intervention surnaturelle, permettant au peuple de passer à sec :
« Les sacrificateurs qui portaient l'arche de l'Alliance de l'Eternel s'arrêtèrent de pied ferme sur le sec, au milieu du Jourdain, pendant que tout Israël passait à sec, jusqu'à ce que toute la nation eût achevé de passer le Jourdain. » (Josué 3:17).
Puis ce fut la prise de Jéricho dont les murailles se sont écroulées quand le peuple en eut fait le tour pendant sept jours consécutifs, en portant l'arche de l'Alliance. L'épître aux Hébreux (Nouveau Testament), donne cette précision :
« C'est par la foi que les murailles de Jéricho tombèrent, après qu'on en eut fait le tour pendant